On reprend le plugin de mode maintenance construit au chapitre précédent, pour lui ajouter une interface d’administration — c’est cette évolution qu’on appelle la version 2.
Introduction : donner une interface à son plugin
Dans la v1, notre plugin n’avait aucune interface — il fonctionnait ou ne fonctionnait pas, selon qu’on l’activait ou le désactivait, sans aucun réglage possible. C’est suffisant pour un besoin très simple, mais ça devient vite limitant : à chaque changement (modifier le message, changer une couleur), il aurait fallu redemander un nouveau code à l’IA, et réinstaller le plugin.
Un plugin WordPress peut aussi posséder sa propre interface d’administration (dans le back-office WordPress) — une ou plusieurs pages, visibles uniquement dans le tableau de bord (jamais côté visiteur), qui permettent de piloter le comportement du plugin sans toucher au code. C’est exactement ce que font la quasi-totalité des plugins que vous connaissez déjà en tant qu’utilisateur : ils proposent presque toujours un écran de réglages, avec des champs à remplir, des cases à cocher, des couleurs à choisir.
C’est précisément ce qu’on va ajouter dans cette v2 : plutôt que d’avoir un mode maintenance figé, on va donner à l’administrateur la main sur son contenu (titre, message, couleurs) et sur son activation, directement depuis l’administration WordPress — sans jamais avoir à retoucher le code du plugin.
Partie 1 — Le besoin
Le parcours
Un administrateur se connecte à l’administration WordPress. Dans le menu de gauche de son tableau de bord, il ouvre la rubrique « Réglages » (celle qui contient déjà, par défaut, des sous-menus comme « Général », « Écriture », « Lecture »…). Il y trouve désormais une nouvelle ligne, ajoutée par notre plugin, intitulée par exemple « Mode Maintenance ».
En cliquant dessus, il arrive sur une page dédiée, propre à notre plugin, où il voit :
- Une case à cocher pour activer le mode maintenance — non cochée par défaut : tant qu’elle n’est pas cochée, le mode maintenance ne s’active pas, même si le plugin lui-même est actif
- Un champ pour modifier le titre affiché
- Un champ pour modifier le message affiché
- Un color picker pour le fond de la page
- Un color picker pour le texte
- Un color picker pour le fond du bouton, et un autre pour son texte
- Un color picker pour le fond du bouton au survol (hover), et un autre pour son texte au survol
- Un bouton pour enregistrer ses modifications
- Un bouton pour réinitialiser aux valeurs par défaut — qui restaure d’un coup le titre, le message et toutes les couleurs à leur état initial (habillage Bootstrap bleu/blanc), sans avoir à tout resélectionner un par un
Valeurs de couleur pré-remplies par défaut : plutôt que des color pickers vides, ils affichent dès le départ un jeu de couleurs cohérent et déjà présentable — dans l’esprit d’un habillage simple façon Bootstrap (bleu et blanc). L’administrateur peut les modifier s’il le souhaite, mais n’est pas obligé de partir de zéro.
Si l’administrateur tente d’enregistrer alors que le champ titre ou le champ message est vide : l’enregistrement est refusé, et une alerte s’affiche, du type « Vous devez entrer un texte minimal » — pour le titre comme pour le message.
Une fois qu’il clique sur « Enregistrer » (avec des champs correctement remplis), un message de confirmation s’affiche, indiquant que les réglages ont bien été pris en compte. Tout changement est immédiatement visible côté visiteur, sur la page de maintenance — à condition, bien sûr, que la case d’activation soit cochée.
Les informations techniques
- C’est une évolution du même plugin, pas un nouveau plugin séparé — on repart du plugin de la v1, on lui ajoute une interface, et on incrémente son numéro de version (par exemple à
2.0). - Changement de logique important : en v1, l’activation du plugin était elle-même l’interrupteur du mode maintenance — activer le plugin suffisait à bloquer le site. En v2, ce n’est plus l’activation du plugin qui déclenche le mode maintenance, mais la case à cocher de la page de réglages — le plugin peut désormais rester activé en permanence sans que le mode maintenance soit forcément en cours.
- Sauvegarde des réglages : les valeurs saisies (titre, message, couleurs, état de la case à cocher) doivent être conservées durablement, pour être toujours présentes même après avoir fermé puis rouvert la page de réglages, ou après un redémarrage du site.
- Le bouton « Réinitialiser » doit ramener chaque champ à sa valeur par défaut, sans nécessiter de rechargement de page complet ni de ressaisie manuelle.
- La page de maintenance de la v1 reste la base : le titre, le message et les couleurs qu’elle affiche ne sont plus des valeurs fixes dans le code, mais doivent désormais être récupérés dynamiquement depuis ce que l’administrateur a enregistré dans la page de réglages.
Note technique sur l’accès à la page de réglages : l’ajout d’une page dans le sous-menu « Réglages » repose sur une fonction WordPress standard qui restreint nativement l’accès aux administrateurs, à condition que le bon paramètre de permission (manage_options) soit correctement renseigné lors de sa création — une convention suivie systématiquement dans la quasi-totalité des exemples de code WordPress, donc peu de risque d’erreur ici.
Partie 2 — Construire le prompt avec l’aide d’une IA
Plutôt que de rédiger vous-même le prompt final, vous allez le faire construire par une IA, à partir du parcours et des informations techniques ci-dessus.
Comment démarrer la conversation : collez le parcours et les informations techniques tels quels, précédés d’une consigne claire sur ce que vous attendez d’elle. Par exemple :
« Voici le besoin d’une évolution de plugin WordPress que je veux faire réaliser par une IA. Je ne veux pas que tu me donnes du code tout de suite. Je veux d’abord que tu m’aides à construire un prompt clair et complet, à partir des éléments ci-dessous. Pose-moi des questions si quelque chose n’est pas assez précis. Ne génère aucun code tant que je ne t’ai pas dit « GO ».
[collez ici le parcours]
[collez ici les informations techniques] »
C’est ce message d’ouverture qui lance tout l’échange — le reste de la méthode se déroule ensuite naturellement à partir de là :
1. Répondez à ses questions, si elle en pose, pour affiner le prompt avant qu’il ne soit considéré comme prêt.
2. Règle d’or : pas de code sans votre GO. Tant que vous n’avez pas explicitement validé le prompt final, aucune ligne de code ne doit être générée.
3. Posez-vous régulièrement la question, et posez la question à l’IA : « Ce prompt va-t-il vraiment permettre à une IA de réaliser cette évolution du plugin telle qu’on l’a décrite ? » — ne validez pas un prompt par automatisme ; vérifiez-le vous-même, mais demandez aussi explicitement à l’IA de s’auto-évaluer sur ce point, à chaque étape.
4. Restez vigilant sur le périmètre du projet. Une IA peut avoir tendance à enrichir, suggérer, ou dériver au-delà de ce qui a été demandé. Si elle propose quelque chose hors du cadre défini ci-dessus, recadrez-la explicitement — le périmètre du projet doit rester celui qu’on a fixé, pas celui que l’IA jugerait « plus complet ».
Exemple concret : rien, dans le parcours, ne demande un aperçu en direct des couleurs avant enregistrement — on l’a explicitement écarté. Si l’IA vous en propose un « pour améliorer l’expérience », ce n’est pas dans le périmètre de cette version.
5. Demandez à l’IA d’intégrer, dans le prompt qu’elle construit, des mots-clés de qualité — un code sécurisé, élégant, performant et pertinent, respectant les bonnes pratiques WordPress actuelles (précisez le mois et l’année en cours).
Mise à jour et activation du plugin
Cette fois, il ne s’agit pas d’un premier dépôt, mais d’une mise à jour du plugin existant. Reportez-vous au chapitre précédent si besoin : le moyen le plus sûr reste de supprimer l’ancienne version du plugin depuis l’administration, puis d’uploader la nouvelle — plutôt que d’essayer de la remplacer par-dessus. Vérifiez bien que le numéro de version a été mis à jour (2.0) avant de le faire.
Partie 3 — Tester le résultat
Une fois le plugin mis à jour et réactivé, voici comment vérifier qu’il fonctionne comme attendu :
1. Rendez-vous dans Réglages → Mode Maintenance. Vérifiez que la page s’affiche bien, avec la case à cocher non cochée par défaut, et les color pickers déjà pré-remplis avec des couleurs cohérentes (bleu/blanc).
2. En navigation privée, visitez le site : tant que la case n’est pas cochée, le site doit s’afficher normalement, malgré le plugin actif.
3. Cochez la case, effacez le texte du titre ou du message (ils sont pré-remplis par défaut, il faut donc les vider volontairement), puis essayez d’enregistrer : une alerte doit apparaître, empêchant l’enregistrement.
4. Remplissez correctement les champs, modifiez une ou deux couleurs, puis cliquez sur Enregistrer : un message de confirmation doit s’afficher.
5. En navigation privée, revisitez le site : la page de maintenance doit maintenant s’afficher, avec le titre, le message et les couleurs que vous venez d’enregistrer.
6. Cliquez sur « Réinitialiser aux valeurs par défaut », puis vérifiez que le titre, le message et les couleurs reviennent bien à leur état initial, sans avoir à recharger la page manuellement.
7. Décochez la case et enregistrez : le site doit redevenir immédiatement accessible normalement, en navigation privée.