Vibe coding, pilotage du codage ou codage assisté par IA ?
A l’heure à laquelle est écrit cet article (en 2026/2027), utiliser une intelligence artificielle pour produire du code peut recouvrir des pratiques très différentes. La différence ne tient pas seulement à la quantité de code générée par l’IA, mais surtout à la place que l’humain conserve dans sa réalisation.
1. Vibe coder avec l’IA
L’humain décrit le résultat attendu, l’IA conçoit et code.
« Crée-moi une landing page responsive avec un menu, une présentation de mes services et un formulaire de contact. »
L’humain travaille principalement en langage naturel. Il décrit ce qu’il souhaite obtenir, observe le résultat et demande des modifications. Il peut ainsi créer un site ou une application sans savoir réellement comment le code fonctionne.
C’est à la fois la force et la principale limite du vibe coding. L’humain peut progressivement être dépossédé d’une partie de l’acte de création : il exprime une intention et juge un résultat, mais les choix techniques permettant d’y parvenir sont largement effectués par l’IA.
Cela pose également des problèmes très concrets. Un code qui fonctionne n’est pas nécessairement un code sûr, robuste ou maintenable. Une faille de sécurité, une dépendance inadaptée ou une mauvaise architecture peuvent être difficiles à détecter lorsque personne ne maîtrise réellement le code produit.
Le vibe coding est donc particulièrement efficace pour expérimenter et prototyper rapidement, mais demande davantage de prudence dès que l’on produit quelque chose destiné à être réellement utilisé.
2. Piloter le codage avec l’IA
L’humain dirige et arbitre, l’IA propose et produit.
« Je veux réaliser cette fonctionnalité. Avant de coder, propose-moi différentes manières de la construire et explique-moi leurs avantages et leurs limites. »
L’humain n’est pas nécessairement développeur. L’IA peut proposer l’architecture et produire l’essentiel du code, mais l’humain questionne, choisit, impose des contraintes, teste et arbitre.
Il reste le chef d’orchestre du codage.
3. Coder avec l’IA
L’humain code, l’IA l’assiste.
« Voici ma fonction. Explique-moi pourquoi elle ne fonctionne pas et propose-moi une correction. »
L’humain construit directement le programme et maîtrise le langage utilisé. L’IA intervient comme assistant pour expliquer, compléter, corriger ou accélérer son travail.
Ce niveau s’adresse avant tout aux développeurs, ou aux Concepteurs Développeurs d’Applications (CDA) — des profils qui possèdent déjà la maîtrise technique du langage utilisé, condition nécessaire pour tirer pleinement parti de ce mode de travail.
En synthèse
Coder avec l’IA L’humain code, l’IA l’assiste.
Piloter le codage avec l’IA L’humain dirige et arbitre, l’IA propose et produit.
Vibe coder avec l’IA L’humain décrit le résultat attendu, l’IA conçoit et code.
Une note pour le Concepteur Designer
Pour un Concepteur Designer, le niveau 2, « Piloter le codage avec l’IA », apparaît comme le plus équilibré.
Il permet de conserver une dimension technique dans la réalisation tout en bénéficiant de la capacité de l’IA à proposer des solutions et à produire du code. On est alors véritablement dans une logique de CO-CONSTRUCTION.
Cet acte de co-construction est fondamental. Que l’on travaille avec une intelligence artificielle, une collaboratrice ou un collaborateur, quel que soit son niveau, la logique est finalement assez proche : chacun apporte sa valeur au projet.
Le concepteur apporte sa compréhension du besoin, ses choix de conception, sa connaissance de l’utilisateur, ses contraintes et ses objectifs. L’autre partie apporte ses compétences, ses propositions et ses solutions. Il faut ensuite confronter ces apports et, à un moment donné, arbitrer.
C’est précisément là que se situe une différence importante avec le vibe coding.
Dans une démarche de vibe coding, une partie importante des arbitrages techniques est laissée à l’intelligence artificielle, avec les dérives que cela peut entraîner si le projet a été insuffisamment cadré.
Dans une démarche de pilotage du codage, l’IA peut proposer, expliquer et produire, mais le concepteur conserve la responsabilité des arbitrages.
Cet équilibre a néanmoins une exigence : le Concepteur Designer doit posséder un minimum de culture et de vocabulaire techniques. Il ne s’agit pas nécessairement de savoir tout coder soi-même, mais d’en savoir suffisamment pour questionner une proposition, comprendre les choix présentés, formuler des contraintes et guider efficacement l’intelligence artificielle.
C’est cette capacité à dialoguer, comprendre, choisir et arbitrer qui transforme l’utilisation de l’IA en véritable co-construction.