Note : veuillez créer un site WordPress « Test Plugin » avec Local (By Flywheel) pour cette mise en situation.
Cette fois, l’objectif est de construire un plugin qui a une vraie utilité : un mode maintenance. Contrairement au plugin vide du chapitre 3, celui-ci fera quelque chose de concret et visible.
Partie 1 — Le besoin
C’est quoi, un plugin de mode maintenance ?
Un mode maintenance affiche, à la place du site normal, une page temporaire qui indique aux visiteurs que le site est en cours de travaux — sans qu’ils puissent accéder au contenu habituel. On l’utilise typiquement lors d’une mise à jour importante, d’une refonte, d’une migration de serveur, ou de toute intervention technique pendant laquelle le site ne doit pas être vu dans un état intermédiaire ou instable par les visiteurs.
Une précision importante avant de commencer : il existe déjà de nombreuses solutions de mode maintenance, gratuites et éprouvées, dans l’écosystème WordPress (des plugins dédiés, des réglages natifs de certains thèmes, etc.). La règle d’or, en temps normal, est de ne jamais réinventer la roue : quand une solution fiable existe déjà pour un besoin courant, on ne recode pas soi-même la même chose, sauf en cas de problème précis avec les solutions existantes. Si ce chapitre vous fait tout de même construire ce plugin de A à Z, c’est uniquement pour des raisons pédagogiques — pour manipuler concrètement les notions du chapitre 1 sur un cas simple et utile, pas parce que c’est la meilleure approche en situation professionnelle réelle.
Le parcours
Un visiteur ordinaire arrive sur le site. Au lieu de voir la page qu’il demandait, il tombe sur une page de maintenance, avec :
- Un titre : « Site en maintenance »
- Un message : « Nous travaillons actuellement sur des améliorations. Merci de votre patience, nous serons de retour très bientôt. »
- Des couleurs de base : un fond sombre (par exemple gris anthracite), un texte clair et bien lisible dessus, et un bouton (même s’il ne mène nulle part pour l’instant) dans une couleur d’accent qui ressort bien sur ce fond — par exemple orange ou bleu vif.
Toute personne possédant un compte sur le site, une fois connectée, navigue normalement, comme si le mode maintenance n’existait pas — pendant que les visiteurs non connectés restent bloqués sur la page de maintenance.
Les informations techniques
- Aucune interface d’administration : ce plugin n’a pas de page de réglages. Le fonctionnement est uniquement piloté par l’activation du plugin lui-même — on l’active, le mode maintenance fonctionne ; on le désactive (ou on le supprime), il n’agit plus du tout.
- Page autonome : cette page de maintenance ne réutilise ni le thème du site, ni son en-tête, ni son pied de page — d’où l’importance des indications de couleurs données ci-dessus, puisque rien ne sera hérité visuellement du site existant.
- Règle de blocage simple : on bloque l’accès à tout le site, sauf aux pages permettant la connexion au back-office, et sauf pour toute personne déjà connectée avec un compte, quel que soit son rôle.
- Code de statut HTTP : la page doit renvoyer au navigateur (et donc aux moteurs de recherche) le bon code de statut, celui qui signale explicitement une indisponibilité temporaire, pour ne pas nuire au référencement du site pendant cette période.
- Structure et nommage attendus : un dossier correctement nommé pour le plugin, contenant le fichier PHP principal, et d’éventuels sous-dossiers si nécessaires. La nomenclature doit respecter les bonnes pratiques vues au chapitre 3 : tout en minuscules, mots séparés par des tirets, et nom du dossier identique à celui du fichier PHP principal.
L’en-tête du plugin doit rester minimale, sur ce modèle :
Partie 2 — Construire le prompt avec l’aide d’une IA
Plutôt que de rédiger vous-même le prompt final, vous allez le faire construire par une IA, à partir du parcours et des informations techniques de la Partie 1.
La méthode :
1. Soumettez le parcours et les informations techniques tels quels à une IA, et demandez-lui explicitement de vous bâtir le prompt qui permettra ensuite de générer le plugin — pas de lui demander directement le code.
2. Répondez à ses questions, si elle en pose, pour affiner le prompt avant qu’il ne soit considéré comme prêt.
3. Règle d’or : pas de code sans votre GO. Tant que vous n’avez pas explicitement validé le prompt final, aucune ligne de code ne doit être générée.
4. Posez-vous régulièrement la question, et posez la question à l’IA : « Ce prompt va-t-il vraiment permettre à une IA de réaliser le plugin tel qu’on l’a décrit ? » — ne validez pas un prompt par automatisme ; vérifiez-le vous-même, mais demandez aussi explicitement à l’IA de s’auto-évaluer sur ce point, à chaque étape.
5. Restez vigilant sur le périmètre du projet. Une IA peut avoir tendance à enrichir, suggérer, ou dériver au-delà de ce qui a été demandé (ajouter une page de réglages qu’on a explicitement écartée, par exemple). Si elle propose quelque chose hors du cadre défini en Partie 1, recadrez-la explicitement — le périmètre du projet doit rester celui qu’on a fixé, pas celui que l’IA jugerait « plus complet ».
Exemple concret : dans la Partie 1, il est explicitement précisé qu’il n’y a pas d’interface d’administration pour ce plugin. Il ne doit donc pas y en avoir — même si une IA vous en propose une « pour plus de confort ». Cette interface d’administration sera l’objet de la Version 2, pas de celle-ci.
6. Demandez à l’IA d’intégrer, dans le prompt qu’elle construit, des mots-clés de qualité — un code sécurisé, élégant, performant et pertinent, respectant les bonnes pratiques WordPress actuelles (précisez le mois et l’année en cours, pour ancrer la demande dans le présent plutôt que dans des pratiques datées).
Dépôt et activation du plugin
Une fois le code obtenu, il faut le déposer et l’activer, exactement comme au chapitre 3 : créer le dossier du plugin, y placer le(s) fichier(s), le déposer dans Local by Flywheel au bon endroit (app/public/wp-content/plugins/), puis l’activer depuis l’administration WordPress. Si besoin, reportez-vous à ce chapitre pour le détail de chaque étape.
Partie 3 — Tester le résultat
Une fois le plugin généré et installé, voici comment vérifier qu’il fonctionne comme attendu, en langage naturel — pas besoin de compétence technique particulière :
1. Ouvrez une fenêtre de navigation privée (pour simuler un visiteur qui n’est connecté à rien), et rendez-vous sur votre site. Vous devez tomber directement sur la page de maintenance, avec le bon titre, le bon message, et les bonnes couleurs.
2. Toujours en navigation privée, essayez d’accéder à la page de connexion WordPress (l’adresse habituelle se terminant par /wp-login.php). Elle doit rester accessible normalement, sans être bloquée par la page de maintenance.
3. Connectez-vous avec n’importe quel compte utilisateur, dans cette même fenêtre privée (ou dans votre navigateur habituel). Une fois connecté, naviguez sur le site : vous devez voir le site normalement, comme si le mode maintenance n’existait pas.
4. Désactivez le plugin, et vérifiez que le site redevient immédiatement accessible à tout le monde, y compris en navigation privée.
Note de fin de chapitre
Si l’IA vous demande : « Je dois vous fournir les fichiers ou le ZIP ? » — sachez que, selon l’outil utilisé, elle pourra parfois ne fournir directement qu’un ZIP. Dans ce cas, pas de souci : vous uploadez directement ce ZIP, sans avoir besoin de recréer vous-même les fichiers/dossier.
Attention aux versions ! Il faut que le plugin déclare correctement son numéro de version (le champ Version de l’en-tête), et il vaut mieux demander explicitement à l’IA d’être vigilante sur ce sujet à chaque nouvelle génération — pour éviter de se retrouver avec deux versions différentes du plugin qui portent le même numéro, ou une confusion entre l’ancienne et la nouvelle.
En cas de doute : le moyen le plus sûr reste de supprimer l’ancienne version du plugin, puis d’uploader la nouvelle — plutôt que d’essayer de la remplacer ou de la mettre à jour par-dessus, ce qui peut parfois laisser des fichiers résiduels de l’ancienne version.